9h33: Il fait 12°C. Il n’y aura pas d’hiver finalement. Sur le calendrier, c’est février. Ils se trompent. La vieille grand-mère anglaise est embourbée dans les nuages et avec le facteur Moralex, c’est encore novembre.
Vous ne me croyez pas ? N’avez qu’à regarder vous-même.
Tout à l’heure je vais traverser Hyde Park pour aller à mon cours d‘italiano. L’humidité est telle – hé, 94% lala- que j’aurai l’impression d’avancer avec une débarbouillette dans la face.
Sachez aussi qu’à cette latitude, les journées sont “a tad” moins longues. Soleil se lève vers 7h30 et se couche de bonne heure, vers 16h45-17h00.
Va être en forme en mosus au printemps.
La classe d’italiano mi ha fatto molto bene ! Sono più rilassata e mi sento più… giovane. Si si. Una bella e giovane piccola senora quebecese, a Londra. Cin Cin ! Centi anni a tutti !Ma che ?
Aujourd’hui, j’ai vu une pièce sur l’amour au théâtre New Abassadors. Love Song était joué par des acteurs américains: Neve Campbell (I Know What You Did Last Summer) , une Kristen Johnston (Third Rock From The Sun) en forme mais très amaigrie (elle a dû être remplacée en urgence début décembre pour ulcère instestinal) , Cillian Murphy et Michael McKean, connus pour différents rôles à la télé surtout. Drôle d’effet que d’entendre l’accent american sur une scène ici. La dame d’à côté et son époux avaient le leur d’accent, à couper au couteau. Accent british s’entend.
Morale de la pièce: Vaut mieux croire en quelque chose qui nous fait du bien, même s’il s’agit du pur fruit de son imagination, que de vivoter ou pire, ne pas vivre du tout.
Beane (Cilian Murphy) est psychotique depuis toujours. Sa soeur Joan (Johnston) le couve, veille à ce qu’il mange, l’excuse, espère, etc. Lui vit dans le noir, recroquevillé. Il préfére les lumières de son appartement fermées de sorte que lui échappe la désolation de son cagibi, l’exiguité de son existence peut-êre aussi. Jusqu’au jour où Beane “rencontre” Molly, une cambrioleuse qu’il prend sur le fait dans son appartement. Découverte, la voleuse crâne, se moque du dénuement de l’appart. Beane vit “petit”, il n’y a à voler qu’une tasse, une cuillère, un chapeau déformé… Molly et Beane parlent, parlent pourtant, comme s’ils s’ennivraient soudain du son de paroles longtemps retenues. Puis, la passion embrase les deux paumés et Beane se métamorphose, littéralement soufflé par l’amour. Il prend vie et couleur, mange, boit… “Quand j’entre dans une pièce maintenant, nous sommes plus nombreux, j’ai du volume, j’occupe de l’espace…, s’exclame-t-il à sa soeur et son mari.”
Joan et Harry (McKean) se réjouissent et trinquent avec lui. Pour se rendre compte que Molly est un fait de l’esprit de Beane. Molly n’existe pas. Beane le sait bien: Molly ne se matérialisera pas devant Joan. Il retombe en léthargie. Mais Joan que cette épisode heureux a bouleversée choisit la porte de l’espoir et de croire en Molly. “Qu’est-ce que ça peut bien faire qu’elle existe ou pas ? Elle t’aime non ?”
Et le miracle tant attendu s’opère. Molly/Beane choisissent de détacher et avant de partir, Molly donne à Beane ces dernières paroles: “Sors Beane, marche, regarde la ville, rencontre des gens, prend un café. Vis!”
Touchant comme finale. Tout à fait dans le ton de ce petit jeudi d’automne.

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