Allan Johnston journaliste a retrouvé sa voix. L’unique voix occidentale qui cherchait encore à rapporter la vérité sur la bande de Gaza. Cette terre en tumulte où plus personne ne voulait s’aventurer.
Ironiquement, c’est grâce au concours du hamas, l’actuel parti élu de la Palestine, qui aurait ramené à l’ordre l’Armée de l’Islam, telle que se nommait l’organisation qui a enlevé le journaliste, qu’il a été remis en liberté vers 3 heures ce matin.
Le hamas est ce parti non-reconnu par le Quartet et renvoyé par le gouvernement approuvé par l’Occident. Après 114 jours de tergiversations, le hamas aura choisi de se faire propre et ordonné aux yeux de tous ceux qui le renient et signifier sa dissociation formelle d’Al Qaeda et sa capacité de ramener la loi et l’ordre en Palestine. Marchera, marchera pas? La situation est tellement ancienne et complexe par toutes ses nuances de gris que seuls les Palestiniens peuvent y voir clair et prendre des décisions. Et encore.
De toute façon, le sort d’Allan Johnston est aujourd’hui celui qui m’intéresse. Ce qu’il aura à dire, sa propre expérience intime des motifs et couleurs en place en dira plus long et mieux probablement que toute autre chose qui pourra s’écrire ou se lire. J’espère qu’on le laissera dire.
Voilà aujourd’hui qui soulève l’espoir. C’est bon !
4 réponses jusqu'à présent ↓
Genevieve // juillet 4, 2007 à 8:04
J’ai tout de suite pensé à toi et à ton blogue quand j’ai lu cette nouvelle ce matin …
Comme quoi, y a de l’espoir partout sur cette Terre, non ?
Salette // juillet 5, 2007 à 2:34
Même chose que Geneviève! QUand j’ai entendu celà tout à ‘heure à la radio alors que je pesais des sacs de roquette, j’ai revu l’image sur ton blog et j’ai pensé à toi. Bonne nouvelle!
Caroline... à Montréal // juillet 6, 2007 à 5:10
J’étais tellement contente qu’il soit libéré. C’était trop de courage, rester dans la Bande de Gaza, plus aucun organisme international n’accepte d’aller y porter de l’aide tellement c’est dangereux. C’est une prison à ciel ouvert pour les Palestiniens. Mais je parle trop: moi aussi, c’est Mr. Johnston que je veux entendre! A-t-il parlé? J’imagine que tu as eu la chance de l’entendre interviewé à la BBC?
MiaWestminster // juillet 7, 2007 à 1:31
@geneviève, salette, caroline: C’était un moment extraordinaire d’entendre et de voir Johnston en direct de Jerusalem lorsqu’on l’a amené aux World Services de la BBC. Il avait un sourire incroyable, fendu jusqu’aux oreilles, et a répondu patiemment à tout le monde, tous ces journalistes qui, on le sentait bien, auraient eu envie de le porter sur leurs épaules et qui voulaient tout savoir. C’était d’une intimité qui faisait chaud au coeur. Le plus renversant c’était de l’entendre raconter comment mentalement il est arrivé à ne pas complètement sombrer dans la dépression profonde qui l’a submergé souvent, en pensant aux condamnés à mort par la maladie, ou aux gens emprisonnés injustement… C’est comme s’il s’était donné une solidarité avec d’autres désespérés, toujours vivants comme lui, par delà des murs de sa prison. Cette compassion qu’il a pris le temps de transmettre, en leur disant qu’aussi incroyable que ça peut le paraître, quelque fois une lumière jaillit et on trouve la porte de sortie du cauchemar.
Il m’a jetée par terre en un mot !
Imaginez qu’il a rêvé maintes et maintes fois qu’il était libre, pour se réveiller toujours entre les mêmes 4 murs que la veille. Un peu d’espoir lui est venu il y a quelques semaines quand le hamas l’a emporté; il a senti qu’il se passait quelque chose, que l’étau se desserrait un peu…
J’espère qu’il écrira tout ça.