Un de ces quatre, j’avais la “grattelle” j’imagine, j’ai cliqué sur “Send” avec mon CV attaché. Je n’avais pas précisément envie de me jeter sur le marché du travail anglais. L’économie tourne déjà assez fort sans ma contribution, merci bien.
C’était juste pour voir, brasser l’air, l’exercice. Comme pour un exercice de feu.
Chanceuse comme toujours, ils m’ont appelée. Et y’avait le feu. Entrevue le lendemain et embauche après 4 épreuves de haute-voltige en service à la clientèle. Et je m’arrête là. Le reste est confidentiel. Par contrat.
(Big Brother me regarde et vous regarde me lire. Ça n’a plus de “boutte”. C’est Londres. Disons que je travaille maintenant au service d’un grand magasin londonien et que tout ce qui s’y passe est top motus et bouche cousue.)
J’avais toujours eu envie de détail. Le commerce. Pour changer du B2B, ma “game” jusqu’à maintenant. Pour le contact personnel, humain, dans sa plus quotidienne expression, “off-guard“: la consommation. L’ampleur de la consommation des biens de la terre.
On veut pas le sawère, on veut le wère!
Je voulais savoir. Qu’est-ce que ça fait, bon-yeu, de dépenser des milliers de pounds, comme ça, en r’gardant déjà ailleurs ? Et qu’est-ce qu’il y a donc sous le foulard de cette beauté musulmane ?
Vu que j’adore Dior et que je le vaux bien plus que de L’Oréal, qui de moi cela fait-il ? Une “beigne” à la Crème de la Mer ? Une bouffeuse de La Prairie ? Peau de vache ?
Et celle-là, au bras de son Homme, sur le bord de claquer son Louboutin (on voit bien, c’est déjà rouge sang dessous, la semelle) à force de se balancer le popotin emballé Dana Buchman, taille 46 ? Que se passe-t-il derrière la brume de sa monture D&G, modèle DG4185 ?
Côté pistes de réponses, je suis servie, au ras du bol. Je pourrai bientôt faire une longitudinale et grande transversale de la consommation dans son expression cross-culturelle, de même que cross-genre, c’est-à-dire dans mon cas, en prime, de l’influence de l’homme sur la consommation de la fèmme. C’est pas rien. Et je ne pourrai pas vous en parler. Plate, hein ?
Sachez tout de même que je planche, mesdames et messieurs. Y’a du monde! Et me courre d’une extrémité de mon rayon à l’autre, pour plaire aux uns, aux unes et aux autres, de sorte que tout un chacun ressorte autant que faire se peut avec beaucoup, beaucoup d’idées, dans le sac que je lui remets, tout en le-la-les priant de revenir souvent.
Jamais fait ça de ma vie, mais je vous jure, ça a un côté incroyable. Je sors de cette mecque complètement vidée. Bambi sur son rond de glace. Me reste à déterminer si ce sont les millions de petits pas pressés ou plutôt l’exercice lui-même de “catcher“ au vol ce que l’autre “veut” là, maintenant, NOW. Et dans une autre taille, s’il-vous-plaît. Et surtout, pas de noir. Bleu. Ou crème. Ou noir. Oui, NOIR.
Pâle. Noir pâle.
Quand je sors, dis-je, je n’ai plus qu’une seule idée: m’étamper à l’horizontale, n’importe où. Faut tout de même sortir du magasin. Par le sous-sol, à 0.3 km là-bas, pour passer la carte magnétique. Et marcher jusqu’à l’arrêt d’autobus. Et l’attendre le bus. Et le prendre le bus. Et marcher jusqu’à la maison. Et monter…
Pas sûre qu’il y aura quelque chose à manger. Ben quoi? T’étais pas là, on savait pas trop, nous. Et les cours de cuisine que je vous ai donnés, hein ?
Bof, et puis pourquoi manger, hé?
Je suis tout de même ravie de l’expérience. Encore aujourd’hui. Jusqu’à… je ne sais pas. La semaine prochaine ? Jusqu’aux “Jingle Bells” de Noël ? L’indigestion de “White Christmas” dans les haut-parleurs ?
En attendant, voilà pourquoi je n’écris pas beaucoup.
11 réponses jusqu'à présent ↓
Marcelle // juillet 15, 2007 à 2:53
Ma pauvre Mia , tiendras-tu le coup? Le boulot , les enfants , le conjoint , la bouffe , le ménage et j’en passe . Et si tu en oublies de manger en plus … Ouf !!!
Et puis,il ne faut pas nous oublier la , nous ,suspendus a tes ”mots” , qu’allons nous devenir , suspendus ainsi dans l’espace de temps ,comme dans le vide laissé par tes absences ?
Mais je vois que déjà tu reviens nous dire , te raconter , nous raconter ce que tu peux ,du moins, de ton vécu . Ce qui vient me rassurer un tout petit peu .
En tout cas, prends bien soin de toi, et ne te laisse surtout pas bouffer dans cette surconsommation dont tu es présentement je croirais bien en quelque sorte l’instigatrice .
Amitiés
MiaWestminster // juillet 15, 2007 à 2:02
Oh que ça fait du bien de te lire chère Marcelle!
Ne t’en fais pas trop pour moi, j’avais juste envie d’aller voir d’un peu plus près cette drôle de bête qu’est la ville de Londres. Un cosmos de toutes origines incroyable!
Je t’annonce que j’ai aussi récemment amorcé une expérience de bénévolat dans les high-schools que je pense reprendre vers octobre (présentement ce sont les vacances) et qui va sérieusement entrer en compétition avec celle-ci.
Il s’agit d’un organisme qui s’appelle Young Enterprises: http://www.young-enterprise.org.uk où j’ai pu faire madame la juge avec un monsieur le juge anglais pour évaluer des présentations en markekettinting (Les Boys?) d’étudiants dans une école publique pour garçons du 10th grade. J’ai a-do-ré !
L’objectif de l’organisme est d’éveiller graduellement les étudiants à la vie économique selon les niveaux scolaires (du primaire au secondaire) et de favoriser l’entrepreneurship. Rendus au secondaire IV, ils commencent sérieusement à comprendre !!! L’énergie qu’il y avait là, madame !!
Or, il se peut fort bien que ce bénévolat devienne un vrai “job” à la reprise à l’automne, un boulot super flexible pour le temps à y mettre, au milieu d’équipes de profs dynamités et “d’experts” prêtés par des entreprises (mon collègue de l’autre jour venait du management de McVitties, des mosus de bons biscuits), pas trop mal payé et… franchement moins dur pour les pieds !!!!
Stay tuned!
P.S. Ça fait du bien d’écrire aussi!!
Marcelle // juillet 15, 2007 à 3:50
Je sais bien que tu es une grande fille et que tu n’as pas besoin que je m’inquiète pour toi , mais je venais juste te taquiner un peu , t’imaginant débordée dans un milieu bien que fort intéressant pouvant aussi s’avérer parfois astreignant ou même éreintant .
Je ne te connais pas beaucoup, et je ne sais pourquoi, mais je te vois davantage dans cet organisme que tu nous décris ici , et je te souhaite que tes vues pour ce boulot rémunéré se concrétise ,afin que tu puisses enfin reposer tes pieds .
Je viens souvent jeter un tit coup d’oeil ici, et toujours contente de te lire
Stay with us
MiaWestminster // juillet 15, 2007 à 4:05
Mais j’adore quand tu me taquines!
Et j’y pense… je te lance une invitation ! Va voir mon prochain billet. Je te fais une invitation personnelle. Si tu avais envie d’écrire un petit billet sur l’Alaska ou la peinture ou ce qui te passe par la tête ces temps-ci, j’aimerais bien que tu prennes ma place un peu, le temps que je me repose les pattes. Écris-moi à miaawestminster@hotmail.co.uk et je te publierai…
!Béo! // juillet 15, 2007 à 4:21
Il me semble que ça fait beaucoup de nouveau non? Ou c’est juste l’impression quand on a après ce long…
silence et ces deux billets à lire d’une shot
C’est drôle; moi aussi je te vois plus au sein de l’organisme que dans le brouhaha d’un grand magasin.
Belle... // juillet 15, 2007 à 8:50
ouf! Le retour au marché du travail…. Ouais pas facile et je te comprend un peu… Prendre la vie un jour à la fois est beaucoup plus simple… Et le boulot nous «gruge» pas mal plus que nous le croyons… Même si nous essayons de prendre le tout à la légère… Mais tel que je te connais Mia, tu ne fais rien à moitier et tu es une femme intègre… Si tu es pas obligée de travailler Mia, prend ça relaxe… respire un peu et continu ton bénévolat c’est plus gratifiant… Pis notre corps travaille depuis 20-30 ans… quand même bien qu’il se reposerait 1-2-3 ans… Ça va juste lui faire du bien…
Bonne journée!
Belle
MiaWestminster // juillet 15, 2007 à 9:15
Je sais je sais !Béo!. Mais une mouche m’a piquée. Et ce n’était pas une tsé-tsé. Un regain d’adrénaline Je suis happée donc par quelque chose que je ne prenais pas au sérieux à priori. Voyons donc, vendre des guénilles ! Pfft… les doigts-dans-l’nez !
Ben non.
Il n’y a rien de pas sérieux ici-bas.
!Béo! // juillet 16, 2007 à 8:10
Pour ça c’est sûr! Je dénigre en rien ce travail pour l’avoir fait moi-même… jadis
Dailleurs: il n’y a pas de sots métiers mais de sottes lois du travail…
Moi tu me dis que t’es bien dans ce que tu fais et c’est tiguidou!
Salette // juillet 17, 2007 à 3:33
Tu nous reviendras, dis? des fois?
Marcelle // juillet 19, 2007 à 11:55
Mia, comme tu vois, ton invitation m’a laissée bouche bée
J’y pense depuis , mais s’ajoute plein de mais….
Je te fais signe tres bientot , promis .
Amitiés de Drummond
Geneviève // août 1, 2007 à 9:17
Hmm, j’ai mes sources et donc j’ai une p’tite idée du magasin en question
Quoiqu’il en soit, dommage que tout soit confidentiel dans cet antre de la mode … ça nous aurait fait du potin croustillant à se mettre sous la dent hehe
Aaah mondanité, quand tu nous tiens hihihi